La condition environnementale d'Haïti et le rêve de l'écologie politique
Article publiée le: 2008-03-27
Pourquoi faut-il agir maintenant?
La condition environnementale de notre pays est une réalité qui n’incite guère à l’optimisme. En effet, depuis les dernières intempéries aux conséquences potentiellement dévastatrices, nul ne devrait rester insensible face aux dégâts dus à la dégradation de notre environnement. Avec le bilan qu’on a enregistré: 62 morts, 16 disparus, près de 80 blessés, 18.712 personnes déplacées, 10.226 familles sinistrées, 8.735 maisons endommagées et plus de 1.853 autres détruites, les chiffres sont vraiment alarmants et l’alternative suivante s’impose à nous: conjuguer l’urbain et l’humain pour protéger notre écosystème ou périr. La priorité, aujourd'hui, veut que l'on s’attaque aux vrais problèmes plutôt que de nous enfermer dans des polémiques sur la constitution qui, en réalité, est le cadet des soucis du peuple. Dans un pays où le déboisement croissant et la dégradation de nos côtes marines font des ravages, l’approvisionnement en eau potable, la santé et la sécurité de la population ne sont plus garantis, un pays où les catastrophes naturelles se répètent, il faut, pour apporter une solution adéquate, travailler à l’émergence d’un vrai projet de société qui vise à préserver la population des dangers futurs. Il faut que soit mise en avant une écologie politique axée sur le développement durable du pays pour une vraie sécurisation et une meilleure qualité de la vie.
Ainsi, l’annonce des pluies par la météo cessera d’être une menace angoissante pour la population dont l’immense majorité est exposée, voir même encore confrontée à des dangers de toutes sortes.
Je suis convaincu qu’une politique de l’écologie, c’est ce qui est de meilleur pour assurer le bien-être collectif des Haïtiens et des Haïtiennes. Toutefois, pour qu’elle devienne réalité, un engagement fort de la part de toute la société dans sa diversité est nécessaire. Face à l’état de désolation du pays où le gaspillage des ressources naturelles se poursuit à un rythme déréglé, nul ne peut rester les bras croisés. Il revient aux citoyens et citoyennes de toutes catégories confondues de la société d’exiger aussi que soit réduit le fossé existant entre les plus riches et les plus pauvres. Car, il convient de reconnaître que bien souvent, quand la situation de misère et d’appauvrissement conduit au désespoir, pour les catégories de ceux et celles qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, s’attaquer aux arbres reste l’unique option pour s’assurer d’un morceau de pain et faire vivre leur famille. C’est une réalité déplorable. Et vouloir la nier, c’est faire preuve d’une irresponsabilité inexcusable. Réalité désolante! Pourtant, elle est encore réversible. Elle est réversible si et seulement si les acteurs politiques acceptent de passer de la parole aux actes. Car, protéger l’environnement est une question de volonté politique plus que de simples slogans politiciens. Il faut que soit mise en œuvre la politique qui veut que la question de l'environnement et le processus de développement cessent d’être traité en parallèle. Ce n’est que lorsqu’on finira par accepter que les deux marchent de paire, qu’on aura résolu le problème pour parvenir à une Haïti où les Haïtiens et les Haïtiennes, y compris l'étranger qui nous visite, trouveront une terre où ils pourront vivre dignement dans un environnement sain.
Cette terre, c'est l'Haïti de demain. Un pays vert à faire ensemble. C’est le rêve d’un pays qui redeviendra écologiquement attirant, un pays où la population vivra en paix avec elle même. C’est le rêve à matérialiser ensemble.
Il est urgent d’agir ensemble maintenant, avant qu’il ne soit trop tard !!!
Gary GUITEAU
Directeur fondateur de la FJG



